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  n° 53  -  mars 2012
Accueil > Le magazine nº 53 > Dossier > Terrain - ISSN 1955-2742
 

Géothermie,

la réserve d’énergie

> Terrain
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La géothermie
souffle le chaud et le froid

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L’installation deux en un permet de réduire la consommation de gaz et d’éviter le recours à un « groupe froid ».

Des équipements neufs oui, peu gourmands en eau, gaz et électricité, cent fois oui. En Auvergne, une communauté de communes mise sur la protection de l’environnement pour son centre de loisirs.

En Auvergne, la communauté de communes de Billom Saint-Dier s’est lancée dans la réalisation d’un nouveau centre aquatique — qui a ouvert ses portes en mai 2011 — en privilégiant la qualité environnementale. « La communauté a souhaité renouveler ses équipements en favorisant les économies d’eau, mais aussi d’énergie », souligne Astrid Cardona Maestro, ingénieure Fonds chaleur Géothermie à l’Agence. L’installation d’une pompe à chaleur sur champ de sondes géothermiques répond à cette préoccupation environnementale. Concrètement, une dizaine de sondes d’une centaine de mètres chacune puise l’énergie dans le sol et permet d’assurer les besoins en chaleur (chauffage des locaux et du bassin) et en froid (déshumidification). Un système deux en un qui minimise donc la consommation de gaz tout en évitant le recours à un « groupe froid » gourmand en électricité. « Nelly Lafaye, de notre direction régionale Auvergne, a soutenu ce projet dans le cadre du Fonds chaleur issu du Grenelle de l’environnement », rappelle encore Astrid Cardona Maestro. L’ADEME a en effet apporté une enveloppe de 19 000 euros à cette initiative écologique et économique : si le surcoût d’une telle installation avoisine les 150 000 euros, chaque mégawattheure coûte 10 euros de moins que s’il avait été produit grâce un équipement conventionnel. Avec la subvention de l’Agence, le temps de retour sur investissement est donc de huit années seulement. Au-delà des économies d’énergie, ce système permet la réduction des émissions polluantes. « L’émission de 247 tonnes équivalent CO2 est évitée par cette installation, soit l’équivalent de 1176 allers-retours Paris–Clermont-Ferrand en avion », conclut Astrid Cardona Maestro. /


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Quand les pros se rassemblent

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Christian Boissavy / président de l’AFPG

Afin de mieux structurer la filière, l’Association française des professionnels de la géothermie, avec le soutien de l’ADEME, réunit les professionnels.

Pourquoi avoir créé l’AFPG ?
Christian Boissavy : La France était, jusqu’à la création de l’AFPG, le 15 juin 2010, le seul pays d’Europe à ne pas être doté d’une association de géothermiciens. La géothermie a en effet connu quelques difficultés à se structurer, notamment en raison de la variété de compétences qu’elle regroupe : forage, exploitation de réseaux de chaleur, fabrication d’équipements (pompes à chaleur, turbines…), études. L’ADEME a été moteur pour la mise en place de cette structure qui regroupe aujourd’hui, 18 mois après sa création, plus de 80 membres (énergéticiens, bureaux d’études, entreprises de forage…), qui disposent enfin d’un espace de dialogue.

Quel est son objectif principal ?
C. B. : Notre ambition est de structurer la filière de manière verticale, du forage jusqu’au consommateur final, et de réunir régulièrement ses différents acteurs. Nous avons ainsi organisé, en décembre dernier lors des premières Journées de la géothermie au Parc floral de Vincennes, deux jours de conférence et un salon professionnel. Parallèlement, des réunions de sensibilisation sont prévues en région dans les prochains mois.

Comment envisagez-vous les perspectives de développement de l’AFPG ?
C. B. : Sans l’échange et la diffusion des connaissances sur la géothermie, la France ne sera pas en mesure de respecter les objectifs du Grenelle de l’environnement dans ce domaine. Ceci d’autant plus qu’entre 1993 et 2005, quasiment tous les programmes ont été mis en veille. Une nouvelle ère s’ouvre aujourd’hui, qui doit permettre aux professionnels de démontrer leur savoir-faire, en France mais aussi à l’export. /