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  n° 51  -  janvier 2012
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Moins de décibels

pour une vie plus belle

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Trop de bruit nuit… et jour

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Le bruit n’impacte pas seulement le système auditif. Il perturbe aussi la communication, altère le sommeil, est facteur de stress et peut entraîner des dysfonctionnements de l’organisme.

Transports, activités économiques et industrielles, voisinage… Le bruit, engendré par de multiples sources, est la première cause de nuisance des Français dans leur vie quotidienne. Sans oublier que l’exposition à un niveau trop élevé de décibels a aussi des conséquences sur la santé.

Parlons du bruit, calmement. C’est-à-dire à un niveau audible pour tous, dans le cadre d’une conversation sereine. Le niveau sonore est alors de 50 décibels (dB). Le débat s’anime ? Il augmente pour atteindre les 60 dB. Rien de grave, il s’agit du seuil acceptable par nos oreilles et notre cerveau. Au-delà, l’affaire se complique : un train passe, accompagné peut-être d’un flot de véhicules. Les décibels explosent ! « Le bruit se caractérise par sa hauteur aiguë ou grave, sa durée et son intensité, rappelle Emmanuel Thibier, ingénieur au service Organisations urbaines de l’Agence, un sommeil réparateur nécessite une exposition à moins de 30 décibels. Dans l’environnement professionnel, tout au long d’une journée, le seuil d’alerte pour la santé est fixé à 85 dB et la “limite” de danger à 90 dB. » Mais nos conversations, aussi animées soient-elles, ne sont pas – et de loin – les principales causes de nuisances sonores, pouvant engendrer une perte partielle ou totale de l’ouïe. De plus, contrairement à une idée reçue, le bruit n’impacte pas seulement le système auditif (surdité totale ou partielle, acouphènes, hyperacousie, fatigue auditive). Il perturbe la communication, altère le sommeil, est facteur de stress et peut entraîner des dysfonctionnements de l’organisme, qu’il s’agisse de l’acuité visuelle, du système cardiovasculaire ou encore de l’équilibre psychologique . 


Aujourd’hui, plus de 350 000 logements proches
de voies de transports terrestres sont exposés
à un niveau de bruit problématique.

Le coût social
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « en Europe occidentale, au moins un million d’années de vie en bonne santé sont perdues chaque année en raison du bruit causé par la circulation ». De son côté, le ministère de l’Écologie estime le coût social du bruit entre 4,8 et 9,5 millions d’euros. « Les nuisances sonores résultent principalement des moyens de transport », souligne Benoît Lemozit, chef du service Organisations urbaines de l’Agence. En effet, selon les enquêtes réalisées auprès de la population française, les transports seraient à 80 % responsables de ces nuisances. Et si les règles d’urbanisme ont pris en compte ce phénomène « bruit » et ses conséquences dès la fin des années 1970, il subsiste dans l’Hexagone de nombreux Points noirs du bruit, alias PNB.

Approche transversale
Ces Points noirs du bruit caractérisent un bâtiment situé dans une zone de bruit critique, dont les niveaux sonores en façade sont supérieurs à 70 dB(A) le jour et 65 la nuit pour l’exposition aux transports routiers ; et à 73 et 68 dB(A) pour les transports ferroviaires. Actuellement, plus de 350 000 logements proches de voies de transports terrestres seraient ainsi exposés à un niveau de bruit problématique pour la population. Un enjeu environnemental et sociétal pour l’ADEME, qui, comme le détaille Benoît Lemozit, « s’intéresse à la lutte contre le bruit depuis la création de l’Agence, voilà vingt ans ». Elle contribue à cet engagement en apportant un soutien technique et des aides financières pour les opérations de résorption des PNB routiers et ferroviaires. L’instauration par l’ADEME du dispositif Approche Environnementale de l’Urbanisme® (AEU - voir ADEME&VOUS n° 49) a en effet, au début des années 2000, marqué une prise en compte beaucoup plus forte des problématiques liées au bruit, tant pour des projets d’aménagements que de planification urbaine. Cette dynamique a été soutenue et renforcée par le Grenelle de l’environnement, qui a confié à l’Agence les moyens d’entretenir des actions encore plus ambitieuses dans ce domaine via le Plan bruit, doté de 160 millions d’euros sur la période 2009-2013.

Un nouvel élan
« La mission de l’Agence ne se limite cependant pas à la gestion du Plan bruit, précise Benoît Lemozit. Nos actions s’inscrivent en étroite relation avec le ministère de l’Écologie, et se déclinent selon trois axes. » Trois points cardinaux qui consistent à soutenir la recherche et le développement de solutions techniques susceptibles de réduire le bruit des différents modes de transport, notamment à la source, et dans les bâtiments ; accompagner les collectivités territoriales et les gestionnaires d’infrastructures de transport dans la mise en place de solutions pérennes afin de diminuer l’impact des nuisances sonores (voir zoom sur) ; et enfin, par le biais des directions régionales de l’Agence, animer le débat sur ce sujet, et, plus avant, faire fructifier les initiatives locales grâce à un réseau d’ingénieurs. « En plus du nouvel élan donné par le Grenelle de l’environnement sur cette thématique, nous constatons un réel intérêt des collectivités locales à prendre en considération les souhaits émis par la population, ceci tant au niveau politique que dans l’organisation des services techniques qui ne disposaient pas toujours des compétences nécessaires pour gérer ce genre de dossier », rappelle le chef du service Organisations urbaines de l’Agence. /

 

90 dB,
soit l’équivalent du bruit d’une tondeuse à gazon, constituent le seuil de danger acoustique.

 
 

11 %
des accidents du travail et 15 % des journées de travail perdues sont imputables au bruit.

 
 

3 000
zones de bruit critiques sont répertoriées en France.